La crise de l’accès aux soins à Chartres : « On ne peut plus continuer…

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Une centaine d’agents de santé euréliens, pour la plupart des médecins généralistes, ont mené une action symbolique ce lundi 2 janvier, devant la préfecture d’Eure-et-Loir, à Chartres. « Nous voulons des mesures urgentes pour retrouver le temps de se soigner et de respirer, sinon ce sera un cataclysme », explique Anne-Sophie Gilmardais, l’une des porte-parole du Syndicat des médecins d’Eure-et-Loir.

Un morceau de plâtre collé à la bouche, un genou au sol, un stéthoscope accroché autour du cou : une centaine de soignants de tout le département ont voulu commémorer les esprits hier soir en réalisant une action symbolique devant la préfecture de l’Eure- et-Loir, à Chartres. A 18 heures, alors que les cloches de la cathédrale sonnaient, les participants marquaient une pause.

« Nous manifestons discrètement pour ne pas réveiller ceux qui n’ont rien fait depuis des années », confie un médecin, avant d’appeler ses collègues à « observer une minute de silence pour la mort de la médecine générale dans le deuil ». Après avoir gelé pour illustrer leur « souffrance », les soignants placent au sol une planche professionnelle de leur pratique, qu’ils prennent soin de dévisser.

Crise du centre médical de Chartres : une centaine de soignants manifestent devant la préfecture d’Eure-et-Loir

La rencontre organisée par le Syndicat des médecins d’Eure-et-Loir, collectif de médecins généralistes fondé il y a une dizaine de jours, intervient quelques heures après la réunion d’échanges organisée par le préfet d’Eure-et-Loir, dans le contexte de tensions affectant médecine urbaine et hospitalière en Eure-et-Loir.

« J’ai 1 800 patients. Je ne peux pas en prendre de nouvelles car mes journées ne peuvent pas être prolongées. Le travail administratif me prend beaucoup de temps. Ce n’est pas normal », confie Alexandre Baussant, 38 ans, médecin généraliste à Voves depuis huit ans.

« Je suis ici parce que je veux enfin entendre parler l’un de l’autre. » »

Ce jeune médecin discute des conditions d’exercice avec un collègue qui prendra sa retraite à la fin de l’année. Joëlle Winisdorfffer, basée à Chartres, explique avoir vu la situation se détériorer ces dernières années. « Nous étions quatre dans le cabinet, et maintenant nous ne sommes plus que deux. Je n’aurai probablement pas de successeur tant que je serai maître de stage. C’est dur de se dire que je laisserai partir mes patients à la fin de l’année », s’inquiète ce médecin généraliste.

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Épuisement et colère

Un médecin de Lucé raconte son malaise lorsqu’il doit être de garde au centre médical de Chartres, situé dans les locaux de l’hôpital Louis-Pasteur. « C’est un risque médical. Nous n’avons pas le temps d’interroger les gens. A voir aussi : 5 conseils pour bien choisir son assurance professionnelle. Il faudrait prendre quarante patients en quatre heures. Je n’ai jamais vu ça », témoigne le médecin généraliste, qui explique avoir utilisé le droit de retrait pour la première fois le dimanche 1er janvier, « pour des raisons de sécurité ».

Une infirmière de l’hôpital de Chartres, Marie Marié, est venue soutenir le mouvement. « Évidemment, cette pénurie de médecins nous affecte en tant qu’infirmières, car cette activité nous affecte », déplore-t-elle.

« A l’hôpital, on essaie d’atténuer au maximum, mais la situation est très compliquée. Nous voulons simplement travailler et faire en sorte que les patients puissent bénéficier de soins décents. »

Une pénurie de soignants, qui provoque également un effet d’entraînement sur d’autres professionnels de santé, comme les secrétaires médicales. « En tant que secrétaires médicales, nous sommes en première ligne. Parfois, je suis insultée par des patients qui me disent qu’on les a laissé mourir », explique Céline Boukandoul. « Je ne suis dans ce métier que depuis un an, mais je ne pensais pas que ça se passerait comme ça. Je ne peux plus dormir la nuit. »

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Un peu plus loin, parmi la centaine présente, Amélie Ricois, médecin généraliste depuis 2016 à La Loupe, exprime son épuisement. « On ne peut pas répondre aux demandes des patients, on ne peut pas continuer dans ces conditions », dit-elle. La soignante, qui entend exercer son droit de grève ce dimanche, envisage même d’arrêter ses médicaments. « Je veux juste changer de travail. Je cherche un moyen de me reconvertir même si, malheureusement, j’aime ce que je fais… »

Hélène Bonnet et Laura Alliche

Two doctors looking at xray
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